Vidéos éducatives gratuites

La start-up Sikana (signifie « apprendre et enseigner » en hindi), est un projet ambitieux qui a vu le jour grâce à la collaboration entre deux jeunes français : Simon Fauquet et Grégory Flipo. L’objectif de cette plateforme Internet est de faciliter l’accès gratuit au savoir à toutes les personnes dans le monde entier, elle vise à révolutionner l’apprentissage en ligne via des vidéos éducatives mondiales. Basée au sein du pôle de développement Euratechnologies de Lille, la société Sikana a reçu le 17 septembre 2013 le prix Nord Entreprendre qui récompense les projets innovants.

Lutter contre la pauvreté grâce à l’apprentissage en ligne

A la fin de ses études de commerce en 2008 à l’ESC Lille, Grégory Flipo a fait un tour du monde d’un an avec quelques amis. Leur objectif est de répertorier les entreprises qui aident les gens dans le besoin. De cette aventure, il a abouti à la conclusion que «les gens sont pauvres parce qu’ils sont ignorants (….) J’ai vu des projets incroyables dans l’accès aux soins, à l’eau, à l’alimentation, mais presque rien sur l’accès à l’éducation ».

Une seule solution lui semble dès lors en mesure de diminuer la pauvreté dans le monde et de venir au secours des déshérités : apprendre ! «L’éducation et principalement l’accès au savoir-faire est le moyen le plus efficace de lutte contre la pauvreté, le chômage, l’exclusion, le réchauffement climatique ou l’accès au bonheur durable», déclare-t-il. De retour à Lille, il fonde en 2011 avec Simon Fauquet, un jeune parisien et ancien élève de l’Ecole Internationale de Création Audiovisuelle et de Réalisation, Sikana. Ils souhaitent à travers ce projet contribuer à réduire la pauvreté dans le monde en aidant les personnes à accéder gratuitement au savoir : « Nous voulons rendre les gens plus libres et autonomes grâce au savoir », précise Simon Fauquet. Pour Grégory Flipo, il s’agit d’une entreprise collective à laquelle chacun peut contribuer pour le bien de tous  «Nous voulons construire quelque chose pour l’intérêt général qui nous survive et où chacun peut apporter sa pierre».

Apprendre et développer des compétences en ligne

 «Une aventure cool et pleine de sens», c’est la définition donnée au projet par ses créateurs. La plateforme se présente sous la forme d’une véritable encyclopédie en ligne où chaque personne peut trouver et développer la compétence de son choix via des vidéos. Elle cherche à collecter des milliers de savoir-faire partout dans le monde pour les transformer en vidéos d’apprentissage gratuites. Les vidéos proposées par la plateforme dépassent en effet les 1000 vidéos traduites dans 180 langues, le tout dans une vingtaine de domaines différents : jardinage, cuisine, bricolage, musique… Une véritable «arche de Noé des savoir-faire» selon l’expression de Grégory Flipo.

Le but de cette « formation » gratuite en ligne est d’aider les gens à trouver un emploi à travers l’acquisition de certaines compétences et d’un certain savoir-faire ou tout simplement de donner à tous l’envie d’apprendre. « Nous voulons donner aux gens l’envie d’apprendre, c’est le début d’une prise de conscience qui peut tout changer dans leur vie« , souligne Simon Fauquet. Sikana veut mettre les nouvelles technologies au service de l’éducation dans le but de lutter contre la pauvreté par la transmission des savoirs. Elle est déjà présente partout dans le monde et collabore avec une communauté composée de 241contributeurs bénévoles qui ramènent du monde entier des milliers de vidéos éducatives d’experts, d’entreprises, d’institutions ou de particuliers volontaires pour partager gratuitement leurs savoirs. Les vidéos sont ensuite  traduites en dix langues avant d’être mises en ligne sur Youtube. «La seule chose que les gens font gratuitement c’est s’amuser, ils sont même prêts à payer pour cela. Ils aident Sikana par amitié, par ego à flatter, par générosité, pour créer quelque chose de mieux ou réparer une injustice» affirme Grégory.

Afin de rentabiliser son activité, Sikana développe des accords de partenariats dont le plus important est le contrat signé avec YouTube. Plus de 1 000 vidéos courtes (200 de plus chaque mois) sont déjà postées sur Youtube qui  touche 30 % des micro-revenus. « Nous commençons à gagner de l’argent grâce à l’audience générée« , note Simon Fauquet. Ainsi, la jeune entreprise a déjà réussi à développer un chiffre d’affaires de 120.000 euros au démarrage. L’ambition des deux jeunes entrepreneurs ne s’arrête pas là : ils prévoient l’ouverture d’un «campus en ligne» en 2014 afin d’optimiser les savoir-faire proposés. La plate-forme vise 50 millions de vues en fin d’année et dix fois plus dans un an à savoir trois milliards de vues.

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