Résolution pour les langues européennes

Le 21 janvier 2013, François Alfonsi, eurodéputé de la Corse (Verts/ALE) a présenté son projet de rapport « Les langues européennes menacées de disparition et la diversité linguistique au sein de l’Union Européenne »  en Commission Culture à Bruxelles. Le rapport dont est chargé François Alfonsi a pour objectif d’engager l’Union Européenne dans la lutte pour sauver et valoriser le patrimoine culturel et linguistique européen car « Chaque langue présente sur le territoire européen est consubstantielle de l’identité culturelle européenne ».

Le 11 septembre dernier, plus de 90 % des eurodéputés du Parlement Européen ont adopté la résolution sur les langues régionales menacées de disparition. En effet, plus d’une centaine de langues sont répertoriées comme étant en danger d’extinction et la langue corse en fait partie ainsi que le lorrain, le picard ou encore le breton.

La majorité des eurodéputés, y compris ceux dont le pays n’a pas l’intention de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, ont soutenu le projet. En revanche, les députés européens UMP se sont opposés au texte. L’eurodéputée de centre-droit Françoise Grossetête a expliqué à EurActiv que le texte allait à l’encontre de la constitution française.

Alfonsi  dénonce la politique délibérée qui vise à marginaliser les langues minoritaires

François Alfonsi a affirmé : « Les langues ne connaîtraient pas une telle récession si elles n’étaient pas marginalisées dans le système éducatif et médiatique et la société en général »car sans soutien, ces langues ne parviendront pas à survivre dans un monde globalisé.

Les financements européens pour les langues minoritaires qui ont fortement diminués au cours des années inquiètent encore plus l’eurodéputé corse. Il souhaite que les Etats permettent à de plus petits événements régionaux de recevoir des fonds de l’UE pour la période 2014-2020, dont le Fond social européen et le Fond européen de développement régional.

La disparition des langues minoritaires a une influence directe non seulement sur la culture mais aussi sur l’économie : « Nous nous affaiblirons sur le plan culturel et, selon moi, sur le plan économique, si nous constatons un déclin dans la diversité linguistique en Europe», affirme-t-il.

En effet, l’Atlas UNESCO des langues en danger dans le monde montre que, sur 255 langues parlées actuellement en Europe, 128 sont menacées d’extinction dont environ 90 sont « sérieusement en danger ou en situation critique ». Selon ce document, une langue sur deux disparaît toutes les deux semaines dans le monde. L’ONU prévoit à son tour que la moitié des langues mondiales (6 000) disparaitront d’ici la fin du siècle. Toutefois, ce processus n’est pas irréversible, dans la mesure où des politiques peuvent être mises en œuvre pour assurer le survie de ces langues selon l’UNESCO.

Quel est l’objectif de la résolution ?

La résolution invite les États membres à lancer des plans d’action afin de promouvoir les langues menacées et appelle également des pays comme la France et la Grèce à ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

Les eurodéputés exigent en outre plus de fonds et de politiques concrètes destinés à préserver la diversité linguistique. Ils souhaitent que la  nouvelle période de programmation pluriannuelle qui va s’ouvrir (2014-2020) prenne en considération la nécessité de consacrer un budget suffisant permettant de financer des programmes de formation, d’études, de médias et de recherche dans toute l’Europe.

Les cours en ligne peuvent contribuer à la survie des langues minoritaires

Selon le linguiste franco-argentin Daniel Prado, le développement des cours en ligne pourrait aider les langues minoritaires à survivre et laisse entrevoir une lueur d’espoir pour ceux qui étudient des langues peu communes. Même si l’anglais, le français, l’espagnol, le mandarin et le japonais dominent ce nouvel outil d’apprentissage, les langues minoritaires peuvent s’imposer et gagner en importance. Mais « si l’Internet constitue une réelle opportunité pour les langues, la première étape est de s’assurer que tout le monde puisse y avoir accès, ce qui est encore loin d’être le cas », déclare-t-il.

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