Une première en bac français: épreuves orale à distance via webconférence

Le vendredi dernier, un évènement particulier est venu marquer l’histoire de l’Education en France. En effet, le bac 2014 a enregistré la première épreuve orale passée par visioconférence. Un pas de géant dans l’enseignement à distance !

Dix bacheliers vont tester les oraux à distance cette année

Yoram Terleth, 17 ans, élève au lycée Georges Baumont à Saint-Dié (Vosges) est le premier élève français à vivre l’expérience du bac à distance ; le vendredi 23 mai 2014, il a passé son épreuve orale de néerlandais depuis son établissement à Vosges alors que  son examinatrice se trouvait à Reims. Moyen ?  Simplement un ordinateur et une webcam, l’épreuve a eu lieu par visioconférence ; une première en France.

Le candidat prévenu une quinzaine de jours avant, a déclaré à sa sortie de l’épreuve : « J’ai presque trouvé ça plus facile qu’un oral classique, parce qu’on a plus de temps pour réfléchir ».

Cette méthode testée par Yoram, et autorisée pour raisons géographiques,  concernera une dizaine d’élèves français cette année dont cinq candidats sont des élèves de l’académie de Nancy-Metz ; les Lorrains semblent en effet être les premiers à bénéficier de cette nouveauté. « Les cinq lycéens en Lorraine bénéficient de la visioconférence pour des raisons exclusivement géographiques : quatre ont choisi le néerlandais, un le japonais, et les examinateurs se trouvent trop loin », a déclaré le directeur du pôle de la pédagogie du rectorat, Laurent Brault.

Permettre aux étudiants handicapés, hospitalisés, incarcérés ou éloignés géographiquement de passer les épreuves orales à distance

Cette expérience n’est en fait que la suite du décret ministériel paru le 11 mars dernier et qui a autorisé la tenue, dans certains cas, d’épreuves par visioconférence ; un décret qui  s’inscrit dans la prise en compte du numérique dans l’enseignement en France. Le ministère de l’Éducation nationale a évoqué dans son communiqué le « déploiement de nouvelles technologies » et les  « nouvelles solutions pour répondre aux besoins spécifiques de certains candidats en raison notamment de leur handicap, hospitalisation, incarcération ou de leur situation géographique ». Il a précisé que: « Des épreuves ou des parties d’épreuves terminales, orales et obligatoires, du baccalauréat général, technologique et professionnel, ainsi que des réunions de jurys pourront se dérouler à distance, au moyen d’outils de communication audiovisuelle, tels que la visioconférence et la webconférence».

Cette nouvelle technique permet en effet de donner la chance aux bacheliers dont certaines raisons les empêchent de se rendre physiquement dans un centre d’examen de  passer leurs épreuves orales obligatoires à distance. Toutefois le candidat doit passer les épreuves via un ordinateur équipé d’une webcam et de la connexion internet sécurisée du rectorat, un surveillant désigné par le centre d’examen dont dépend le candidat doit être présent dans la salle pour éviter les cas de fraude. Une technique pratique et pas du tout coûteuse pour les établissements en question.

L’arrêté publié au Journal officiel indique que les candidats répondant aux critères précisés par le décret doivent faire la demande d’épreuves orales à distance. Chaque rectorat décide des candidats concernés par les épreuves à distance après consultations des dossiers transmis.

Un pas vers la généralisation des épreuves du bac à distance ?

Tous les bacs sont concernés : bac général, professionnel ou technologique, toutefois le ministère de l’Education nationale indique que « seules les épreuves terminales, orales et obligatoires sont concernées par ce dispositif. Les épreuves orales du bac de français (en fin de classe de première) peuvent être également concernées».

Ce premier pas permet de résoudre les problèmes des apprenants ayant des conditions qui les empêchent de rejoindre les centres d’examens pour passer les épreuves. Il permet également de faire face au manque d’effectif d’enseignants qui étaient contraints de se déplacer pour passer certaines épreuves orales à leurs élèves.

Grâce à cette nouvelle technique, les apprenants seront également en mesure de suivre des cours qui ne sont pas forcément évalués dans leurs établissements d’origine vu que l’éaluation se fera par la webconférence. En attendant une décision qui viendrait renforcer ce premier pas en généralisant l’évaluation en ligne, on ne peut qu’apprécier cette démarche qui marquera sans doute l’édition 2014 du bac français!

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