Cours privés en ligne

Les MOOCs ont constitué dès leur apparition une véritable révolution dans le domaine de l’éducation en ligne. Nombreux spécialistes sont allés jusqu’à prédire la disparition quasi-totale d’institutions d’enseignement supérieur au profit des cours en ligne. Dans un article de Wired paru en mars 2012, Sebastian Thrun, fondateur d’Udacity et spécialiste en intelligence artificielle de l’université de Stanford, affirmait que l’avenir de l’éducation résidait dans le numérique et l’enseignement à distance. Il prévoyait que dans dix ans le nombre d’institutions d’enseignement supérieur ne dépasserait plus une dizaine d’établissements dans le monde.

Or les nombreux inconvénients des cours en ligne ouverts et massifs soulevés par les observateurs, ainsi que l’apparition du nouveau phénomène des SPOCs laissent prévoir un changement radical de la situation.

Les points négatifs des MOOCS

Depuis leur émergence, les MOOCs ont fait l’objet de concurrence entre les différentes universités ainsi que les sites spécialisés dans l’apprentissage en ligne. Google a dernièrement lancé une plateforme MOOC en partenariat avec EdX. Mais très vite on commence à remarquer les limites de ce nouveau phénomène et à en faire la critique. L’infographie de HelloMentor parue récemment a d’ailleurs dressé une liste des points jugés négatifs des MOOCs.

Les universitaires sont les premiers à soulever le problème lié à ce mode de cours à distance ; remplacer les cours traditionnels par des vidéos en ligne leur semble inquiétant. Une critique revenant très régulièrement au sujet des cours en ligne ouverts et massifs concerne le « taux de complétion » très bas des Moocs ; le taux des participants allant jusqu’à la fin des cours ne dépasse pas dans la plupart des cas la barre des 10 %.

En effet, le taux très élevé d’abandon des apprenants dans les formations ouvertes à distance (autour de 90% !) met l’accent sur un problème relatif à leur efficacité. Mais le problème de notation reste en premier plan des débats. Le caractère gratuit et massif des MOOCs donne la possibilité à tout le monde d’y participer sans tenir compte du niveau des compétences et des connaissances des inscrits. De ce fait, le MOOC n’aurait pas réellement de valeur sur les CV des demandeurs d’emploi.

Ces critiques récurrentes ont poussé certaines universités américaines à chercher une autre alternative en expérimentant une nouvelle forme d’enseignement « hybride », à savoir le SPOC (Small Private Online Courses).

Les SPOCs : des cours en ligne gratuits en accès limité

Au lieu de chercher à remplacer les enseignements traditionnels par les cours en ligne, il conviendrait mieux de faire de ces cours en ligne un moyen pour compléter et améliorer les enseignements traditionnels. Anant Agarwal, président d’EdX, pense que c’est possible et réalisable d’où la dernière expérience menée avec Armando Fox, professeur à l’université de Berkeley: les SPOCs (small private online classes, petits cours privés en ligne) par opposition aux cours massifs.

En gardant les principes de base du MOOC, à savoir la gratuité des cours accessibles en ligne, le SPOC se différencie par  le nombre et le caractère sélectif des participants aux cours. Les cours en ligne seront donc soumis à un processus de sélection et destinés à un nombre restreint de participants qui seront en mesure d’accéder depuis chez eux à des cours vidéo et des contenus en ligne avant d’aller en cours. L’idée de ces cours en ligne gratuits et en accès limité est assez simple : elle donne la possibilité aux enseignants d’utiliser des cours vidéo de type MOOC ainsi que des contenus pédagogiques numériques pour des cours donnés dans les salles de classe. Ceci permettra un travail collaboratif sur des projets et facilitera l’évaluation des étudiants en fonction de leur niveau « réel » mettant ainsi un terme au problème de notation posé par les MOOCs.

Parmi les universités américaines qui étaient les premières à expérimenter le SPOC, on retrouve tout naturellement Harvard, Berkeley et l’Université de San José avec des premiers résultats plutôt à la hauteur. Certains partenariats commencent à se créer pour bien mener l’expérience SPOC dont un partenariat entre edX et l’Université de San José  qui a d’ailleurs donné des résultats satisfaisants sur cette première expérience : 91% de ses étudiants ont réussi leur examen en suivant ce SPOC contre 65% pour les apprenants qui ont choisi un cursus classique.

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